Pourpres lèvres, humides, comme la plage quand la mer se retire. Je l'embrasse farouchement, j'enfonce ma langue entre ses lèvres, qu'elle pince. Je sens ses genous m'écraser les oreilles. Son sexe tout contre ma moustache: nos poils se mélangent. Ses talons m'écrasent les reins, elle pousse et m'éclate la colonne. je ne cède pas, ma bouche tout contre son sexe.

Ses ongles me déchirent la peau, j'ai les épaules en sang. Mes mains lui tiennent les fesses ... et je ne sais si j'ai assez des miennes. Elle a les fesses de toute l'Afrique. J'ai la haine de toute la vieille Europe, je veux boire à sa croupe. Mes coudes, mes bras, je la serre et me joins à son effort: je veux mettre ma tête dans son ventre, je veux vivre en elle, terre des hommes, terre noire.

Plus fort, je m'arrache à son emprise et remonte sur ses seins, laissant mon sexe glisser entre ses cuisses, qu'elle serre toujours, contre mon bassin maintenant. Et je pousse mon sexe au sein de l'enfer rouge, ma langue au coeur de l'enfer noir. Afrique, je t'aime, j'aime ta chaire d'ébène, ta pulpe brûlante, ton odeur puissante ...