Au milieu des galeries, j'ai trouvé cette vitrine chargée de cuirs: vestes, pantalons et autres atours. Feignant l'inattentif, le distrait et presque sûr que l'on ne m'avait pas vu, je poussai la porte de la boutique. Quelle odeur! Un vrai paradis, mon rêve depuis toujours, que du cuir de pleine peau, qui fleurait bon la jeune vache. C'est peut-être ma propre peau qui sent de la sorte.

"Puis-je vous aider?"

Une créature de rêve s'est hissée hors des peaux ... bottée jusqu'à mi-cuisse, un body (c'est là le terme, je pense) de cuir lui serre le ventre. Et sa poitrine, délicieusement déposée dans le balconnet, tout en peau de vachette, lui.

A sa question, j'explose en un: "Je rêve de sous-vêtements de cuir!" A peine ais-je prononcé ces mots que je rougis et me tortille dans mon vieux costume de tweed. La cravate me serre. Elle enchaîne: "Monsieur, pour vous, j'ai le produit rêvé".

Et elle applique ses deux mains entre les cuisses à la recherche des agraffes ... sans doute. Remonte le body sur le ventre, qu'elle a plat et accueillant.

Que m'arrive-t-il? Je veux partir, et pourtant, elle est là cette dame de cuir qui m'explique comment sont conçus les dessous de cuir. Decortiquant pour moi la technique des coutures, la raison d'être de chaque détail. Je tremble, je bredouille n'importe quoi: "C'est très joli ce que vous portez. Vous avez les mêmes pour homme?" Je rêve? Où vais-je chercher ces phrases?

D'un clap de ses mains, elle tamise la lumière. Ah non, pas la cravate! Elle m'attrape et me serre contre elle. Je n'en peux plus: je suis de fer. Elle applique sa bouche contre la mienne, son ventre contre le mien. Sa langue me réchauffe le ventre.

Que dois-je faire?